Notre Projet

A bord du Territory Pearl

By on 18 octobre 2017

Il y avait bien longtemps qu’un petit article n’avait pas fait son apparition sur notre site internet… et bien ça sera sur la pêche à la crevette !

Oui, comme dans Forrest Gump, sauf qu’ici le lieutenant Dan s’appelle capitaine Bill et que notre crevettier n’est pas Jenny mais le Territory Pearl, ça claque tout de même plus ! Alors que dire après une quinzaine de jours en mer…sans retour prévu avant fin novembre…
Tout a démarré le 30 septembre. Morgan, adepte et connaisseur, a réussi à me faire intégrer l’équipage suite au départ de deux australiens pour diverses raisons.
Ce fameux 30 septembre, j’ai donc rendez-vous à 7 heures du matin sur la jetée du port de Darwin, le navire est amarré sur le quai à cause d’une avarie au gouvernail. L’aventure commence bien, même pas partis, déjà bloqués ! A peine ai-je le temps de déposer mon baluchon et de saluer l’équipage que Morgan me fait faire un tour du propriétaire et entre nous soit dit en passant, le Territory Pearl, ça envoie : 28 mètres de long pour 8 de large, quatre cabines, un carré de vie/cuisine, la passerelle et les différents niveaux de ponts où nous passerons facilement 80% de notre temps. Après une trentaine d’années de service le Territory Pearl n’est plus tout jeune mais est en parfait état de fonctionnement (suite à la réparation du gouvernail, certes). Bill et Mandy, le capitaine et le second, m’accueillent chaleureusement mais pas le temps de bavasser, six tonnes de crevettes pêchées à la sueur des fronts nous attendent dans les cales-congélateurs du navire et notre première besogne n’est autre que de les décharger avant de repartir face aux éléments. On s’habille comme deux petits esquimaux: gants, cagoules, combinaisons et bottes, puis nous descendons dans ce congélateur géant où la température ambiante avoisine les moins trente degrés ; chaque boîte pèse environ 10 kilos alors le calcul est simple, 6 tonnes, soit 6000 kilos, répartis en boîte de 10, ce ne sont pas moins de 600 boîtes que nous allons devoir déposer sur un tapis roulant qui relie la cale au quai. Pendant que l’on s’affaire, d’autres se chargent du ravitaillement, aussi bien pour les marins (nourriture, produits de premières nécessités, etc.) que pour le bateau, qui embarque tout de même quelques 90 000 litres de fuel. C’est donc seulement en début d’après-midi, après quatre bonnes heures de travail à décharger et un nettoyage rapide mais rigoureux du pont – balais brosse en mains – que nous avons enfin un brin de temps libre jusqu’en début de soirée. Au crépuscule, nous larguerons les amarres pour 7 à 9 semaines, sauf avarie majeure. Je profite de ces quelques heures pour faire la connaissance de Gill, le 5ème membre d’équipage. Il est philippin, a environ 40 ans dont une vingtaine passée en mer et sera notre chef mécanicien-ingénieur à bord. Bill, quant à lui, reste sur le bateau pour effectuer les derniers préparatifs. Il m’avertit que la saison est loin d’être excellente, mais ce sera, selon lui, une bonne expérience personnelle et si j’y vois toujours aucune objection me prépare mon contrat en tant que Deckhand. Il me suggère de revenir durant la saison des crevettes bananes, période à laquelle beaucoup sont répartis plus riches que prévu. Nos dernières emplettes à Darwin effectuées, nous revenons à bord et je signe mon contrat officiel de marin pêcheur…. 7 à 9 semaines en mer, sur un bâtiment d’environ 200 mètres carrés, voilà ce qui nous attend !

Il est aux alentours de 22 heures, la nuit est tombée à l’horizon, et la manœuvre de départ vient de démarrer. On le sait bien ici, la marée n’attend pas ! Let’s go pour deux jours de navigation jusqu’à notre première zone de pêche. Morgan profitera de ces deux jours pour m’expliquer le vocabulaire technique, l’organisation ainsi que le fonctionnement à bord. Dès les nuits suivantes, nous prenons nos missions au sérieux et nous participons aux quarts de surveillance. Morgan prend le premier de minuit à trois heures et je prends le deuxième jusqu’à six, Bill se réveillant entre les deux afin de s’assurer que tout est : « All Good ? » comme il le dit si bien. Nous sommes comme des petits fous en passerelle, le radar et le sonar font des petits bips en tout genre et nous suivons scrupuleusement les instructions données par Bill (cap à suivre, tour de surveillance sur le pont…), il ne s’agirait pas d’envoyer le navire sur un haut-fond ou de s’égarer de plusieurs miles lors de notre première nuit. De plus, puisque Mme Crevette ne daigne pas pointer le bout de son nez en journée, c’est majoritairement la nuit que nous pêcherons alors autant se mettre dans le rythme de suite !

Une fois sur zone, Mandy nous prépare un bon petit repas car oui, elle est second à bord mais aussi cuisinière, autant vous dire qu’avec une Mandy dans l’équipage, il est grand temps de revoir notre copie selon laquelle les femmes à bord porteraient malheur où je ne sais quelles inepties archaïques héritées de quelques pirates décrépis…
Et nous voilà partis pour plusieurs semaines de pêche à centaines de miles nautiques des côtes australiennes. Les journées de pêche commencent à 18h00 précises avec la mise à l’eau des filets principaux qui ne seront remontés que trois heures plus tard, simplement un petit filet, nommé treuil shot, sera remonté régulièrement afin de vérifier la présence de crevettes dans notre zone. Après avoir utilisé le treuil shot de manière régulière et apprécié un Xème splendide couché de soleil, tout le monde est sur le quai vive : Bill est aux commandes, et deux membres d’équipage attendent les instructions sur chaque bord du navire. LET’S GO ! L’opération est impressionnante : d’abord, lancer nos grappins, puis récupérer l’amarre de servitude du filet, la remonter à bord et la fixer au câble tracteur, il ne reste plus qu’à remonter le dit filet pour le vider dans la piscine située sur le pont arrière du navire, tout ça sous le regard avisé des mouettes et fous de Bassan.

Une fois les filets vides et remis à l’eau, nous attaquons le tri des crevettes parmi les milliers d’autres espèces marines qui peuplent la piscine comme des petits requins, des calamars et même plus rarement des serpents de mer. On trie, on classe, on conditionne et on descend nos crevettes dans les cales réfrigérées tandis que les dauphins opportunistes effectuent moultes cabrioles pour se régaler de tous les poissons rejetés en mer. On réitérera cette opération quatre fois dans la nuit, jusqu’à 8 heures du matin, en notant que le moment de l’aube, où le soleil commence à poindre et à s’élever dans les cieux derrière les dauphins révélant leurs plus belles acrobaties, est de loin le plus poétique de tous et offre un panorama de carte postale à nous couper le souffle. Ici les collègues de boulot vous donnent le sourire comme me fait si bien remarquer Morgan.

La pêche finie, la journée – si tant est que l’idée de jour et de nuit ait encore un sens ici – il nous faut nettoyer les filets, les réparer si besoin, et briquer le pont afin de se préparer à la prochaine pêche dans quelques heures. Pendant ce temps, le reste de l’équipage s’affaire aussi, Bill prépare la prochaine navigation et s’occupe de l’administratif, Gill s’occupe de toute la mécanique et de l’ingénierie et Mandy prépare de bons petits plats avec un avantage certain, ici le poisson est toujours frais et délicieux ! Une fois notre besogne achevée, chacun file prendre sa douche, partage le repas avec la troupe et vers onze heures…tous au lit ! Dès 17 heures il faudra être opérationnel pour les premiers préparatifs et manger un morceau avant que la pêche ne reprenne… C’est donc ainsi que se poursuivent les péripéties des frenchies on Wheels (currently on the deck) et ce pour encore 4 à 6 semaines. Entre fatigue, émerveillement et vie collective, c’est aussi ça le voyage, passer les frontières et pousser ses limites. En attendant d’autres nouvelles portez-vous bien.

Amour, bière (et crevettes) fraîches ! On vous aime !

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